Soleil Vert cycle #2 : les transports

Après avoir traité les déchets dans un premier cycle de 3 chroniques Soleil Vert, sur SUN Radio, j’ai voulu parlé des transports et du réchauffement climatique.

Comme la dernière fois, vous trouverez ici le texte un peu remanié et vous pouvez accéder au podcast de chaque chronique en cliquant sur le gros titre.

L’effet de serre et les combustibles fossiles

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Aujourd’hui on va parler des transports et du changement climatique.
Le changement climatique est dû à l’effet de serre.

Ne perdons pas les bonnes habitudes et commençons par définir ce que c’est l’effet de serre : c’est un phénomène tout à fait naturel.
Quand notre planète s’est formée, on est plutôt bien tombés :

  • On s’est trouvé à la bonne distance du soleil : pas trop près pour ne pas avoir trop chaud, pas trop loin pour ne pas avoir trop froid.
  • Et vu comme la Terre est faite, elle exerce une force de gravité qui permet de garder autour de nous une atmosphère, une couche de gaz quoi. Cette atmosphère forme une sorte de plafond tout autour de notre planète.

La lumière du soleil, qui nous réchauffe grâce aux rayons infra-rouges, va rentrer dans l’atmosphère en grande partie. Elle va se refléter au sol et repartir vers l’espace, mais une partie va rebondir sur l’atmosphère et repartir vers le sol, ce qui va réchauffer la planète.
C’est comme dans une serre : la lumière du soleil rentre mais tout ne ressort pas car ça rebondit contre le verre de la serre et ça réchauffe l’intérieur.

Quand ça se passe naturellement c’est plutôt cool : il fait assez chaud pour que la vie se développe.

Le souci, c’est que depuis la révolution industrielle, on se rend compte que la température augmente plus vite que ce qu’elle devrait. Et ça, ça correspond à une manie qu’ont pris les Hommes : celle de brûler des combustibles fossiles.

Voyons donc maintenant ce qu’est un combustible fossile. Pour ça, on va reprendre au début : il y a très très longtemps, il y a eu des périodes où la végétation sur Terre était super importante. On avait des forêts partout et plein de phytoplancton dans les océans (le phytoplancton c’est du plancton végétal, des tout petits végétaux qui vivent dans la mer).

Et puis pouf, ils sont tous morts.

Les débris des forêts se sont accumulés dans l’eau où tout n’a pas été mangé par des bactéries. Tout ça s’est enfoui tout doucement (vous savez, c’est grâce aux plaques tectoniques) et après quelques millions d’années et l’action de certaines bactéries, ça a donné du charbon.
Pour le phytoplancton, c’est un peu pareil, quand il y en a beaucoup beaucoup, tout ce qui meurt n’est pas décomposé, et puis ça s’enfonce pareil et ça donne du pétrole ou du gaz naturel au bout de longtemps. Et avec le pétrole on fera de l’essence et du diésel.
Ces végétaux au départ était très riches en carbone (grâce à la photosynthèse qui capte le CO2 de l’air et en fait de la matière carbonée), et avec le temps il reste ce carbone.
Au lieu que ça soit sous forme de feuilles, de tiges, ou de corps de petit phytoplancton, ça va faire des grandes chaînes de carbone.

C’est là qu’intervient un grand principe de la thermodynamique : faire une liaison entre 2 atomes, ça consomme de l’énergie, mais quand on la casse la liaison, ça libère de l’énergie.
C’est pour ça qu’une grande chaîne d’atomes, quand on la brûle, ça libère de l’énergie, de la chaleur surtout.

Donc ces grandes chaînes de carbone que la nature a mis des millions d’années à faire, nous on s’en sert pour se chauffer ou se déplacer et on les brûle illico !

Mais quand on les brûle, ça ne libère pas que de la chaleur, ça libère aussi les atomes de carbone, vu qu’on casse la chaîne. Et c’est sous forme de CO2 : 1 atome de carbone et 2 atomes d’oxygène.
Donc, c’est ce qu’on fait à fond depuis 200 ans à peu près : on fait passer du carbone qui était tout tranquille dans le sous-sol, dans l’atmosphère.

Et il se trouve que le CO2 a un super effet sur l’atmosphère : il augmente l’effet de serre naturel. Et ça a plein de conséquences pas cool : le climat se dérègle, le niveau de la mer monte, des gens doivent déménager, des insectes nuisibles s’installent chez nous, …

Le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre hein (il y a aussi le méthane – CH4 – du gaz naturel, ou de l’agriculture par exemple), mais aujourd’hui, 76% des gaz à effet de serre que l’on produit c’est du CO2.

Et ce CO2 vient à 28% des transports intérieurs en France.

Voilà en fait c’est pour ça que j’ai voulu vous parler des transports et de comment on peut rendre nos déplacements un peu moins sales.

Je tiens mes infos du programme de 2nde générale de SVT et mes chiffres du site de PlanetMan de Réseau Action Climat.

 

Se transporter sur les grandes distances

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On sait maintenant ce qu’est l’effet de serre et pourquoi notre consommation de combustibles fossiles augmente la température, à cause notamment du CO2 que ça produit.
Il se trouve donc que 28% des gaz à effet de serre qu’on produit viennent des transports intérieurs en France : les voitures, les bus, les avions, …
Et encore, ça ne tient pas compte de tout ce qui va autour : la fabrication des carburants, la construction des routes, des aéroports, des voitures, leur entretien….

Donc, juste pour se déplacer, paf, plus d’un quart de nos émissions.

Aujourd’hui on va donc parler voyage ! Et pour voyager on a le choix entre plusieurs moyens de transports, qui ne produisent pas tous autant de CO2.

Par exemple quand on va voir sa mamie qui est partie vivre à Marseille ou son ancien copain d’études qui travaille à Bordeaux ou son frère qui habite à Paris… Ben tous ces trajets, on a plusieurs solutions pour les faire.
Prenons un aller-retour Nantes-Paris, soit environ 770km, que je ferais toute seule pour aller voir mon frère.
En utilisant l’éco-comparateur de l’ADEME (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), voilà ce que ça donne :

  • En avion (sans compter la voiture ou le bus pour aller à l’aéroport), je vais produire 372 kg de CO2
  • En voiture (genre je conduis dans Paris) → 263 kg de CO2
  • En car (dans lequel je vomis tout du long) → 90 kg de CO2
  • En TGV → 5 kg de CO2

Donc, petit calcul, si je prends le train (qui coûte pas trop cher en plus si j’ai pris une carte de réduction), je dégage dans l’atmosphère 75 fois moins de CO2 qu’en avion.

Maintenant, imaginons que j’ai une amie qui va se marier au Canada. Là, ok, j’irai pas en train. Je prendrais bien le bateau mais bon, ça coûte un bras, ça prend 1000 ans et je ne sais même pas où acheter un billet.
Donc quand on doit traverser des océans, je suis d’accord que l’avion c’est cool.
Mais pour des trajets en Europe par exemple, il faut se poser la question ! Bien sûr ça dépend de nos budgets, du temps qu’on a en vacances, … mais bon, ça fait réfléchir quand même je trouve.

Après, il y a quand même ruc qui me chagrine avec le train (en plus des enfants qui font du bruit), c’est l’origine de l’électricité en France, vu que les trains ils marchent à l’électricité.
D’après le site d’EDF, l’électricité française est à 78% d’origine nucléaire.
Je ne vais pas vous expliquer comment ça marche le nucléaire, j’y comprends pas grand chose (mon truc c’est la bio, pas la physique) mais ce que je sais, et que tout le monde sait, c’est que le nucléaire de 1. c’est dangereux (Tchernobyl, Fukushima hein) et de 2. ça produit des déchets dangereux qu’on ne sait même pas recycler.
Alors oui, bon, on cherche à savoir comment les recycler, comment les rendre moins dangereux, mais pour l’instant, que dalle, on n’en sait rien.

Alors quand on me dit que c’est de l’énergie propre, … ben je sais pas, on ne doit pas avoir la même définition. Ok ça produit pas ou peu de CO2 mais bon, des déchets radioactifs dont on ne sait pas quoi faire, ça me parait pas super propre.
Alors, il y a l’EPR qui est en question aussi, il doit produire moins de déchets mais il n’existe pas encore.
Il y a aussi le projet ITER (des infos ici et ), qui repose sur la fusion nucléaire (comme ce qui se passe dans notre soleil), pas la fission comme les centrales actuelles et l’EPR. Et la fusion (petite pensée à ma prof de physique de Terminale) ça sera inépuisable et ça ne produira pas de déchets hautement radioactifs. Mais c’est pas pour tout de suite non plus !

Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est utiliser les énergies renouvelables ! Mais je vous parlerai une autre fois.

 

Les plus petites distances

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Cette fois, je ne vous emmène pas au bout du monde mais plutôt au travail, à l’école, à la fac… bref, on va parler des transports sur les petites distances.

Comme on l’a déjà vu, les transports qui fonctionnent avec des combustibles fossiles rejettent du CO2 dans l’atmosphère, ce qui augmente l’effet de serre naturel de notre planète et change notre climat. Et je ne vous parle pas des autres rejets qui sont en plus mauvais pour notre santé.

Si on veut limiter les dégâts au niveau changement climatique déjà, il vaut mieux choisir des moyens de transport qui sont plus propres. Pour ce qui est des grands trajets, a priori, le train c’est plutôt cool.
Mais quand on a, disons, 5-10 km à faire tous les jours pour aller sur son lieu d’études ou de travail, on ne prend pas le train, et à encore les infos traffic, on prend la voiture
Je sais, parfois c’est le seul choix possible. Mais quand on peut, il y a pleins d’autres solutions !

Déjà, il y a les transports en commun. Même s’ils produisent du CO2, on est beaucoup plus nombreux à l’intérieur donc par personne, ça pollue moins. Même principe pour le covoiturage.
Bon, le tram et le bus, c’est pas toujours évident : parfois on a pleins de changements, on doit marcher longtemps pour arriver à un arrêt…
Alors on peut aussi essayer de combiner les transports : mettre sa voiture sur un parking pour prendre le tram ou le train par exemple. Ça fera toujours moins de de kilomètres seul dans sa voiture et dans les embouteillages.

Ou alors on prend son vélo, qu’on peut aussi laisser sur un parking pour aller prendre le tram ou le bus.
Et le vélo, ce n’est pas aussi dangereux qu’on le pense, surtout si les villes font des belles pistes cyclables, ça fait même pas peur.
Bien sûr il faut faire attention aux angles morts, aux piétons, … Et puis il faut aussi bien s’équiper pour être bien vu et protégé : casque, sonnette, éclairage, gilet fluo (trop classe mais obligatoire hors agglomération), fleurs et étoiles (ça ne peut pas faire de mal de ressembler à un char de carnaval pour être répété par les voitures).

Il y a un truc que je vous concède : le vélo, c’est fatigant, surtout pour les flemmardes comme moi. Mais bon, quand on s’y met c’est vraiment cool !
On ne dépend plus des horaires de bus le soir par exemple, ou des arrêts de tram pour aller chez des potes. Il faut trouver où se garer et bien attacher son vélo mais c’est quand même plus facile qu’en voiture.
Et puis bon, ça coûte pas cherAprès l’investissement initial qui varie vraiment selon ce qu’on veut et peut, à l’entretien c’est vraiment économique. En plus on trouve forcément autour de chez soi des associations ou des amis, de la famille, qui nous aidera à entretenir et réparer notre vélo. À Nantes par exemple, il y a l’association Place au Vélo, qui vous apprend à réparer tout seul votre monture sans ses ateliers Brico Vélo. Il y a aussi l’asso Vélocampus qui prête des vélos aux étudiants.

Bon quand il pleut, j’en mène pas large, je ne suis pas assez équipée. Mais même avec une cape de pluie j’aurai quand même le visage trempé… Je n’ai pas encore trouvé la solution là.
Et puis il a les montées aussi… Quand on a plus qu’une seule vitesse comme moi déjà, c’est plus facile. On peut aussi prendre un vélo en libre-service et le laisser en bas des côtes hein.
Quand on a un peu les moyens, il y a aussi les vélos électriques. C’est pas donné donné mais ça permet de couvrir des distances plus importantes et ça peut même remplacer la voiture sur des trajets quotidiens.
Pareil si on peut, les triporteurs ça permet de transporter les enfants, les courses… D’ailleurs il y a de plus en plus de commerçants à vélo : des livreurs, des plombiers, des récolteurs de déchets organiques (la Tricyclerie), …
Il y a même des transports en commun d’enfants pour aller à l’école, à vélo ! C’est l’avenir quoi !

Enfin pour ça, il faut que les villes y mettent les moyens, mais bon, ça vient !

Pour finir, on a parlé ici des transports de personnes, mais imaginez tout ça appliqué aux produits qu’on consomme, comme les légumes par exemple. Il faut aussi penser à comment ils sont transportés si on veut faire attention. Mais on en parlera une autre fois !

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